29 sept. 2026
Pour les organisations qui œuvrent en éducation et en littératie, cette réflexion s’accompagne d’une responsabilité particulière. L'éducation a été utilisée comme outil de colonisation. La réconciliation exige donc que nous examinions non seulement qui a accès à l'éducation, mais aussi quelles langues sont valorisées, quels savoirs sont reconnus, qui définit la réussite, et qui a le pouvoir d’influencer les façons d’apprendre.
Un nouveau rapport de recherche de l'Ontario Native Literacy Coalition apporte une contribution importante à cette réflexion. De la littératie à la transmission, préparé par Bundled Arrows, une firme de recherche dirigée par des Autochtones, examine les besoins et les possibilités en matière de littératie chez les adultes autochtones, à l'échelle communautaire en Ontario. Plutôt que de simplement documenter les lacunes en littératie, cette recherche explore les réalités vécues, les obstacles systémiques et les conditions nécessaires pour créer des solutions significatives, menées par les communautés elles-mêmes.
Trois grands thèmes se démarquent.
Ces constats nous rappellent une vérité importante : les défis liés à la littératie des adultes autochtones ne sont pas attribuables à des limites individuelles. Ils sont plutôt liés à des obstacles historiques, structurels et culturels issus de la colonisation, dont les répercussions se font encore sentir d’une génération à l’autre.
La façon dont nous comprenons un problème influence la manière dont nous y répondons. Si les défis en littératie sont présentés comme la nécessité, pour les apprenants, de s'adapter aux systèmes existants, la solution proposée manque alors de sensibilité et de compréhension à l'égard des besoins réels des personnes.
Le rapport invite les organisations à se poser une autre question :
Comment les systèmes peuvent-ils mieux soutenir les apprenants et les communautés ?
La recherche établit des liens importants entre la littératie des adultes autochtones et plusieurs des appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, notamment ceux liés à l'éducation, aux langues autochtones, à l'autodétermination, à la réconciliation et à l'accès équitable à l'emploi et à la formation. Ces liens offrent des pistes de réflexion importantes pour les organisations qui souhaitent faire avancer la réconciliation de façon significative.
Lors d'un échange récent avec Littératie Ensemble, le chercheur Ron Deganadus McLester a proposé une image qui résume l'une des leçons les plus puissantes de cette recherche :
"La littératie culturelle est le feu central... c'était le feu le plus important. De ce feu central peuvent émerger les autres formes de littératie."
Cette idée remet en question une compréhension restreinte de la littératie. La lecture, l'écriture, la numératie et la littératie numérique sont importantes. Mais les apprenants et les communautés autochtones nous rappellent que la culture, la langue, l'identité et les modes de connaissance autochtones ne peuvent pas simplement être ajoutés à un programme une fois que celui-ci est conçu. Ils doivent en être le cœur.
Le rapport "De la littératie à la transmission" arrive à une conclusion semblable : l'inclusion de la culture et de la langue est essentielle à la réussite des apprenants, et les communautés elles-mêmes doivent pouvoir définir ce à quoi ressemble la réussite et comment elle est mesurée.
Le rapport nous invite aussi à réfléchir à ce que les organisations peuvent faire concrètement, au-delà des reconnaissances territoriales.
Comme l'a exprimé M. McLester :
C'est une observation exigeante, et importante. La reconnaissance peut avoir un sens réel. Mais la réconciliation demande davantage aux institutions.
Elle nous demande d'examiner nos décisions, nos ressources et nos relations. Elle nous demande de nous questionner : qui conçoit les programmes, qui détermine les résultats attendus, quels savoirs sont valorisés, et quelle langue est présente.
Pour Littératie Ensemble, cela signifie continuer à écouter les communautés et les organisations des Premières Nations, des Inuits et des Métis avec qui nous travaillons. Grâce à ces partenariats, nous continuons d'apprendre des approches autochtones en matière de littératie et d'apprentissage tout au long de la vie. Cela signifie aussi soutenir des approches déterminées localement, renforcer la capacité des communautés, et reconnaître que les communautés elles-mêmes savent à quoi ressemble une réussite en matière d’apprentissage.
Écouter, apprendre et agir sont des responsabilités continues, et non des engagements ponctuels.
La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation nous invite tous à réfléchir à l'histoire des pensionnats autochtones et à leurs répercussions actuelles.
Mais le 30 septembre ne peut pas marquer la fin de la conversation.
Alors que nous regardons au-delà du 30 septembre, nous encourageons notre communauté à lire De la littératie à la transmission, publié par l'Ontario Native Literacy Coalition, et à apprendre des connaissances, des expériences et des recommandations partagées par les communautés et les leaders autochtones.
Alors que nous regardons au-delà du 30 septembre, une question demeure :
Chez Littératie Ensemble, nous croyons que la littératie aide à créer des occasions d'apprendre, de grandir et de participer pleinement à la vie de sa communauté. Nous demeurons engagés à écouter, à apprendre et à soutenir des approches en littératie et en apprentissage menées par les communautés.
Pour en savoir plus sur notre travail, notre histoire, y compris notre reconnaissance historique.